La gestion continue de l’exposition aux menaces (CTEM) est une discipline de cybersécurité qui met l’accent sur l’évaluation en temps réel et en continu de l’exposition aux cybermenaces, ainsi que sur leur hiérarchisation.
Gartner a introduit le concept de CTEM au début des années 2020, en définissant un processus en cinq étapes pour rationaliser la gestion des risques et la rendre plus complète : cadrage, découverte, priorisation, validation et mobilisation.
La CTEM est une forme évoluée de la gestion des vulnérabilités, une pratique fondamentale consistant à identifier, noter et hiérarchiser les menaces. Elle complète la gestion traditionnelle des vulnérabilités grâce à des capacités sophistiquées de hiérarchisation et de validation qui permettent aux entreprises d’identifier avec précision quelles menaces sont les plus dangereuses à tout moment. La CTEM surveille en permanence l’écosystème informatique, en hiérarchisant les mesures correctives de manière étroitement alignée sur les priorités métier.
L’objectif de la CTEM est de mettre en place une sécurité proactive en concentrant les ressources de l’entreprise sur les cyberrisques qui constituent les menaces les plus réelles et les plus immédiates pour l’environnement. De cette manière, elle contribue à réduire la baisse de la vigilance et le temps moyen de résolution (MTTR).
Les récents progrès informatiques rendent une approche proactive de la sécurité encore plus cruciale qu’auparavant. Les analystes de Gartner ont écrit en mai 20261 que le « Claude Mythos Preview » et le « Project Glasswing » d’Anthropic « nécessitent » une CTEM efficace. De même, un rapport d’IDC2 datant de mars 2026 affirme que des processus CTEM continus seront essentiels pour se préparer à la cryptographie post-quantique.
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Le cadre CTEM comporte cinq étapes : la définition du périmètre, la découverte, la hiérarchisation, la validation et la mobilisation.
Le cadrage consiste à déterminer quels éléments de l’infrastructure informatique seront intégrés au CTEM.
Un programme CTEM peut englober des environnements cloud, des systèmes de stockage de données sur site, des composants tiers ou toute combinaison de ces éléments. Déterminer quels éléments sont inclus dans le processus de gestion, et ce qui sera géré précisément, constitue sans doute l’étape la plus cruciale pour garantir que la CTEM produise des résultats.
Les équipes de sécurité commencent par dresser l’inventaire des actifs et définir lesquels constituent les « joyaux de la couronne », c’est-à-dire ceux qui sont essentiels au fonctionnement de l’entreprise. Elles cartographient ensuite de manière exhaustive la surface d’attaque : comment les menaces en constante évolution pourraient s’introduire via les actifs exposés à Internet et dans le cloud, les connexions internes par lesquelles ces menaces peuvent se propager, les points de connexion tiers susceptibles d’être vulnérables, ainsi que les opportunités de phishing ou d’ingénierie sociale.
Le processus de définition du périmètre aboutit à une liste des actifs critiques pour l’entreprise et aux cartes correspondantes de leurs surfaces d’attaque. Ces informations guident le reste du cycle CTEM.
La définition du périmètre est généralement réexaminée lorsque des changements significatifs, tels que la migration vers le cloud ou l’ajout de nouveaux fournisseurs, sont apportés à l’environnement, ou lorsque le contexte métier évolue.
La découverte est le processus consistant à recueillir des renseignements sur les menaces pesant sur l’environnement informatique. Dans le contexte de la CTEM, la caractéristique la plus importante de cette étape est son caractère continu. Les équipes de sécurité utilisent des outils automatisés d’analyse des vulnérabilités pour évaluer en permanence l’environnement CTEM afin d’identifier les vulnérabilités existantes et les voies d’attaque potentielles.
Les équipes du CTEM utilisent divers outils pour analyser de manière exhaustive chaque actif concerné. Les outils courants comprennent les tests de sécurité dynamique des applications (DAST), l’analyse de la composition logicielle (SCA), la gestion de la surface d’attaque (ASM), la détection et la réponse aux menaces liées à l’identité (ITDR) et de nombreux autres programmes de sécurité automatisés.
Les résultats du processus de découverte alimentent souvent la définition du périmètre, car l’analyse continue des vulnérabilités permet d’identifier les parties de la surface d’attaque les plus vulnérables et qui doivent être traitées en priorité par la CTEM.
Une fois la surface d’attaque définie et analysée, les équipes CTEM décident quelles menaces traiter et dans quel ordre.
La CTEM suit une approche plus fine en matière de hiérarchisation que de nombreuses pratiques traditionnelles d’évaluation des risques, car elle se concentre exclusivement sur les cibles les plus exposées et les plus pertinentes pour les résultats de l’entreprise.
Les critères courants de hiérarchisation de la CTEM comprennent :
L’objectif de la hiérarchisation est d’établir une liste hiérarchisée des vulnérabilités qui recense tous les éléments relevant du champ d’application du projet CTEM.
La validation est une étape cruciale qui distingue la CTEM de la gestion traditionnelle des vulnérabilités. Elle consiste à établir que les vulnérabilités identifiées sont réellement exploitables dans la pratique.
En validant les vulnérabilités, les équipes de sécurité peuvent déterminer si une faille de sécurité est accessible, si elle peut être exploitée compte tenu des conditions du réseau, si les mesures de sécurité existantes sont suffisantes pour la protéger et quels dommages pourraient résulter de son exploitation.
Pour valider les vulnérabilités, les équipes de sécurité simulent souvent des cyberattaques réelles. Les simulations peuvent être réalisées manuellement par une équipe rouge, à l’aide d’outils automatisés de tests d’intrusion, ou en combinant les deux méthodes.
La mobilisation est l’étape au cours de laquelle l’entreprise met en œuvre les enseignements tirés des étapes précédentes de la CTEM.
Les équipes de sécurité recommandent des mesures correctives précises pour chaque vulnérabilité, notamment de nouveaux contrôles, des versions de correctifs spécifiques, des modifications de configuration et des instructions concernant les éventuelles dépendances susceptibles d’être affectées. Certaines vulnérabilités bien définies et présentant un risque moindre, par exemple les identifiants exposés, les ports ouverts et les simples erreurs de configuration, peuvent être corrigées grâce à des automatisations simples.
Les équipes de sécurité expliquent également pourquoi ces vulnérabilités ont été jugées prioritaires pour la résolution, et elles contribuent à intégrer les correctifs dans les workflows des équipes chargées de chaque vulnérabilité. Cette partie du processus nécessite une collaboration et une communication à l’échelle de l’entreprise, ce qui fait de la CTEM autant un processus de gestion du changement qu’une préoccupation en matière de cybersécurité.
Le CTEM est un programme complet qui intègre de nombreux éléments de la gestion des vulnérabilités, tout en élargissant considérablement leur champ d’application, en améliorant leur fréquence et en affinant leur ciblage.
Le workflow traditionnel de gestion des vulnérabilités diffère légèrement du workflow CTEM de base. Les étapes de la gestion des vulnérabilités sont les suivantes :
La CTEM repose sur les mêmes principes et processus de base, mais les enrichit d’outils avancés et établit un lien étroit entre la détection, l’évaluation et la résolution des vulnérabilités d’une part, et leur impact sur l’activité d’autre part.
En définitive, la CTEM peut être considérée comme une évolution plus ciblée, plus affinée et mieux alignée sur l’activité de la gestion des vulnérabilités.
Parmi les outils les plus courants utilisés pour le CTEM, citons :
Les plateformes de gestion des vulnérabilités proposent généralement des tableaux de bord pour générer des rapports sur des indicateurs tels que le temps moyen de détection (MTTD) et le temps moyen de réponse (MTTR). Beaucoup d’entre elles intègrent également des bases de données répertoriant les vulnérabilités identifiées ainsi que des outils de résolution, notamment des fonctions automatisées de gestion des correctifs et de gestion des configurations.
La gestion de la surface d’attaque (ASM) offre une visibilité en temps réel et continue sur les vulnérabilités et les vecteurs d’attaque à mesure qu’ils apparaissent. Les outils ASM examinent souvent le réseau d’entreprise du point de vue des pirates informatiques, en identifiant les cibles et en évaluant les risques en fonction des opportunités qu’elles représentent pour eux.
Les plateformes SIEM permettent de détecter les anomalies de comportement des utilisateurs et utilisent l’intelligence artificielle (IA) pour automatiser de nombreux processus manuels associés à la détection des menaces et à la réponse aux incidents.
Des solutions de simulation de brèches et d’attaques simulent automatiquement des cyberattaques en continu pour tester les contrôles de sécurité et fournir des informations exploitables.
La mise en œuvre de la CTEM présente notamment les avantages suivants : une réponse plus rapide face aux vulnérabilités, une harmonisation entre la sécurité et les résultats, ainsi qu’une vision plus complète de la surface d’attaque de l’entreprise.
Grâce à son approche globale de la hiérarchisation, la CTEM contribue à éliminer les faux positifs tout en orientant les équipes de sécurité vers les vulnérabilités exploitables plutôt que théoriques. Elles sont alors en mesure de réagir rapidement et de manière décisive grâce aux workflows définis lors de l’étape de mobilisation de la CTEM.
Les décisions de hiérarchisation prises dans le cadre de la CTEM tiennent compte à la fois de la réduction des risques métier et des vulnérabilités techniques, ce qui contribue à aligner les efforts de sécurité sur les objectifs de l’entreprise. Ainsi, il est plus facile de communiquer les risques à la direction et de justifier les investissements nécessaires en matière de sécurité.
Grâce à une surveillance continue, à une délimitation ciblée du périmètre et à une validation approfondie, la CTEM offre aux équipes de sécurité une vue en temps réel de la posture de sécurité de l’entreprise, par opposition à une série d’instantanés statiques. Elles peuvent ainsi mieux comprendre non seulement les vulnérabilités prises isolément, mais aussi les liens entre les points vulnérables de leur infrastructure informatique.
Les défis liés à la mise en œuvre de la CTEM comprennent l’harmonisation des workflows organisationnels, des coûts potentiellement élevés et la suppression des obstacles à la résolution des vulnérabilités.
La portée de la CTEM est vaste : elle couvre l’ensemble de la surface d’attaque de l’entreprise, et elle rassemble les équipes informatiques, métier, de sécurité et DevOps au sein de workflows communs de détection, de hiérarchisation et de résolution. Même la définition de la portée du projet en elle-même peut constituer un obstacle majeur, nécessitant un inventaire exhaustif des objectifs et des actifs.
Les workflows CTEM fonctionnent en continu, ce qui peut nécessiter des investissements importants en outils, services et personnel dédiés à la sécurité et à la surveillance. Les coûts peuvent s’avérer prohibitifs, en particulier pour les entreprises de taille moyenne.
Si la phase de mobilisation vise à mettre en pratique les informations recueillies grâce au CTEM, la correction des vulnérabilités à l’échelle de l’entreprise nécessite souvent une collaboration entre les équipes et la mise en œuvre de pratiques de gestion du changement. Or, ces exigences dépassent souvent le champ d’application du processus CTEM lui-même.
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