Qu’est-ce qu’un test de régression ?

Auteurs

Phill Powell

Staff Writer

IBM Think

Ian Smalley

Staff Editor

IBM Think

Définition des tests de régression

Le processus de test de régression est une stratégie de test logiciel qui permet de s’assurer que les modifications apportées au code ne nuisent pas aux fonctionnalités existantes et qu’elles n’entraînent pas non plus de bogues.

Généralement effectués après la mise en œuvre des correctifs, les tests de régression consistent à réexécuter des tests pour s’assurer que les fonctionnalités marchent comme prévu, une fois le nouveau code ajouté.

Une particularité des tests de régression réside dans le fait qu’on peut les retrouver à travers toutes les étapes des tests de développement logiciel. Les tests de régression peuvent être effectués à tout moment lorsque l’on souhaite ou que l’on doit revenir en arrière afin de s’assurer que le nouveau code introduit ne nuit pas à la fonctionnalité globale ni à l’efficacité du workflow.

Pourquoi réaliser des tests de régression ?

Toute entreprise dont le code informatique fait l’objet de mises à jour régulières devrait sans doute mettre en place des tests de régression. Les mises à jour du code sont si fréquentes qu’il est tout simplement impossible d’en connaître le nombre exact.

Cependant, avec des technologies comme l’intelligence artificielle (IA) et les pipelines d’intégration continue/livraison continue (CI/CD), de nombreuses entreprises augmentent la fréquence des modifications du code, certaines allant même jusqu’à effectuer des mises à jour quotidiennes. Cela peut représenter un volume important de tests de régression.

Un domaine clé où les tests de régression occupent une place centrale, c’est l’assurance qualité (QA). Les missions des tests de régression et des équipes QA sont remarquablement similaires : optimiser l’expérience utilisateur et livrer les données de la plus haute qualité et le logiciel le plus sécurisé possible.

La seule différence réside dans l’étendue du champ d’analyse : les tests de régression se concentrent de manière plus précise sur les changements récents, tandis que la QA évalue l’ensemble du système et de son fonctionnement.

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Tests de régression en 8 étapes

Les techniques de test de régression servent de garde-fou contre les changements de code qui pourraient être incompatibles avec le système hôte. Il est essentiel de disposer de telles mesures pour maintenir un fonctionnement optimisé.

Lors des tests de régression, on suit généralement la séquence d’étapes suivante (ou une séquence similaire) :

  1. Apporter des modifications au code : ajouter du code, modifier le code existant ou optimiser les fonctionnalités actuelles du code source.
  2. Prendre en compte les impacts possibles : analyser l’application logicielle pour identifier les aspects susceptibles d’être affectés par les changements.
  3. Choisir les cas de test : l’équipe DevOps procède à la sélection des cas de test dans la suite de tests de régression, avec un accent particulier sur les tests couvrant les fonctionnalités critiques. Ces cas peuvent inclure des tests unitaires (modules individuels), des tests fonctionnels (vérification des opérations) ou des tests d’intégration (vérification du bon fonctionnement entre composants).
  4. Hiérarchiser les cas de test : lorsque plusieurs cas de test sont sélectionnés, l’équipe les organise en fonction de leur importance et de leur impact potentiel.
  5. Exécuter les cas de test : les tests peuvent être réalisés manuellement ou à l’aide d’outils de test de régression automatisés. Quelle que soit l’approche (tests manuels ou automatisés), on s’appuie sur des scripts de test : des modèles structurés qui guident les actions des testeurs.
  6. Faire des rapports et des analyses sur les résultats des tests : examiner les résultats et les données associées. Si les tests révèlent des bugs ou des dysfonctionnements, l’équipe de développement doit en être immédiatement informée.
  7. Apporter des correctifs et tester à nouveau les cas : les développeurs appliquent les correctifs nécessaires aux cas de test existants et testent à nouveau les problèmes précédemment signalés pour confirmer leur résolution.
  8. Répéter l’ensemble du processus si nécessaire : il convient de poursuivre le cycle de test de régression autant de fois que nécessaire pour s’assurer que l’application Web fonctionne comme prévu.

Types de tests de régression

Bien qu’il paraisse simple, le domaine des tests de régression comprend un grand nombre de techniques différentes, chacune apportant sa propre touche.

Tests de régression unitaires

Comme son nom l’indique, ce type de test de régression se concentre sur les composants ou modules (ou « unités ») qui composent un système, et vérifie si des erreurs ont été introduites dans une unité donnée.

Exemple : supposons que les développeurs décident d’ajouter la fonctionnalité « Mot de passe oublié » sur un site Web. Le test de régression unitaire permet de s’assurer que le mécanisme de connexion initial continue de fonctionner comme prévu, malgré la fonction ajoutée.

Tests de régression partiels

Lorsque l’objectif est de déterminer si les changements récents ont eu un impact uniquement sur un sous-ensemble du système modifié, des tests de régression partiels sont réalisés pour détecter ce sous-ensemble et procéder aux diagnostics appropriés.

Exemple : supposons qu'un site Web intègre une nouvelle passerelle de paiement. Les tests de régression partiels consistent à n’évaluer qu’une partie de la nouvelle fonctionnalité et la manière dont elle est dédiée, sans tester les fonctionnalités qui n’y sont pas liées.

Tests de régression complets

Dans d’autres cas, des tests plus complets sont nécessaires, par exemple à la suite de modifications importantes apportées au code. Les tests de régression complets consistent à tester à nouveau l’ensemble du système ou de l'application afin d’en garantir le bon fonctionnement.

Exemple : les développeurs d’un site web décident d’ajouter une galerie de produits sélectionnés. Une fois créée, l’entreprise effectue des tests de régression complets sur la nouvelle fonctionnalité et relance également tous les cas de test existants, qui doivent tous être exécutés à nouveau.

Tests de régression sélectifs

Les tests de régression sélectifs ajoutent un élément prédictif aux tests de régression. Ici, on sélectionne les cas de test que les testeurs pensent susceptibles d’être affectés par les modifications apportées au code.

Exemple : les développeurs d’une application mobile réalisent qu’ils doivent intégrer et mettre à jour certains aspects de l’interface utilisateur. Dans ce cas, ils procéderont à des tests de régression sélectifs pour garantir la stabilité de l’interface utilisateur.

Tests de régression progressifs

Une approche mixte consiste à évaluer à la fois les nouvelles fonctionnalités et les fonctionnalités existantes. Les tests de régression progressifs vérifient chacune d’elles pour détecter d’éventuels bugs introduits par la nouvelle fonctionnalité.

Exemple : lorsqu’une organisation publie une nouvelle mise à jour d’un logiciel existant, elle engage généralement des tests de régression progressifs au préalable afin de s’assurer que la nouvelle version conserve le même niveau de fonctionnalité que les précédentes.

Tests de régression correctifs

L’objectif des tests de régression correctifs est de garantir la cohérence des données. Les cas de test sont réexécutés pour vérifier si les résultats obtenus sont similaires. Les tests de régression correctifs sont souvent effectués lorsqu’aucune modification n’a été apportée à la base de code.

Exemple : toutes les nouveautés ne sont pas nécessairement des fonctionnalités ajoutées au logiciel. Parfois, des modifications sont introduites pour affiner le code et améliorer ses performances. Dans ces cas de figure, les tests de régression correctifs servent à vérifier que la refactorisation n’a pas introduit d’erreurs.

Tests de régression de type « Retest-all »

Les tests de régression complets (« retest-all ») sont considérés comme des tests postfinaux. Les équipes de développement exécutent de nouveau tous les cas de test de régression déjà validés, pour s’assurer que l’ensemble fonctionne harmonieusement.

Exemple : ce type de test est souvent utilisé lors de changements architecturaux majeurs dans le logiciel. Ainsi, une application financière adoptant un nouveau framework entraînant une évolution substantielle de son fonctionnement peut nécessiter ce type de vérification.

Tests de régression automatisés

Les types de test évoqués pouvant être chronophages, on fait souvent appel à des outils de test automatisés pour accélérer le processus. La vitesse d’exécution des tests augmente, même lorsqu’il s’agit de grands systèmes.

Exemple : les tests de régression automatisés peuvent être employés après des mises à jour du back-end afin de vérifier que les points d’accès d’API (Interface de programmation d’applications) génèrent toujours les données et réponses correctes, garantissant ainsi le bon fonctionnement global du système.

Tests de régression manuels

Certains scénarios de test nécessitent une compréhension humaine : c’est là qu’interviennent les tests de régression manuels. On sait que ces tests prennent généralement plus de temps à réaliser, du fait de la sensibilité particulière requise.

Exemple : les sites web doivent être à la fois esthétiques et cohérents sur différentes plateformes. Grâce aux tests de régression manuels, il est possible de vérifier la réactivité d’un site web après des modifications de mise en page.

Tests de régression Selenium

Ces tests de régression s’appuient sur Selenium, un framework d’automatisation web open source. Les tests de régression Selenium améliorent la stabilité logicielle en détectant rapidement les régressions et en garantissant que les nouvelles modifications ne compromettent pas le code existant. Cette approche est particulièrement utile dans les contextes de mises à jour fréquentes, comme l’intégration continue.

Exemple : un système de réservation de vol ajoute une nouvelle fonctionnalité permettant les paiements par carte de débit en plus des paiements par carte de crédit déjà acceptés. Avec Selenium, on peut vérifier que le flux de paiement par carte de crédit continue de fonctionner comme prévu.

Tests de régression non fonctionnels

La qualité d’un logiciel est évaluée selon plusieurs critères distincts du cycle de vie du développement logiciel (Software Development Lifecycle ou SDLC). Les tests de régression non fonctionnels visent à valider un logiciel de haute qualité, sûr à utiliser et offrant une bonne expérience utilisateur.

Exemple : les développeurs d’un site web ajoutent de nouvelles fonctionnalités et souhaitent ensuite déterminer leur influence sur la vitesse d’exécution. Les tests de régression non fonctionnels mesurent les temps de chargement. Si ces temps augmentent, cela indique une régression.

À quelles technologies les tests de régression sont-ils appliqués ?

Un autre aspect clé des tests de régression concerne la manière dont ils peuvent être associés à d’autres schémas de test pour produire des effets synergiques. En voici quelques exemples :

  • Tests exploratoires : les tests exploratoires peuvent être combinés aux tests de régression pour obtenir davantage de résultats exploitables. Leur fonctionnement diffère : les tests de régression confirment le comportement attendu du système en s’appuyant sur des scripts définis, tandis que les tests exploratoires détectent des problèmes inattendus grâce à une exploration non scriptée par les développeurs. Cependant, les deux approches peuvent se compléter et s’enrichir mutuellement. Certaines organisations optent même pour une combinaison directe des deux, des tests de régression exploratoires, qui offrent aux développeurs à la fois une direction et une certaine flexibilité. De leur côté, les tests exploratoires contribuent à améliorer les cas existants, à en créer de nouveaux et à élargir la couverture globale des tests.
  • Tests continus : de même, les tests de régression sont souvent associés aux tests continus. Comme leur nom l’indique, ils intègrent des pratiques de test permanentes tout au long du SDLC. Les tests continus sont désormais une composante essentielle des tests de régression,ceux-ci ne pourraient réellement fonctionner comme prévu sans cette continuité. La combinaison des deux – le test de régression continu – offre aux testeurs plus de flexibilité pour cibler les environnements critiques susceptibles de comporter des bogues ou d’autres problèmes.
  • Tests de bout en bout : une autre technologie utilisée avec les tests de régression, c’est le test de bout en bout (E2E), qui met en œuvre des scénarios utilisateur réalistes afin de valider l’ensemble du workflow d’un système, de bout en bout. Les tests E2E se concentrent sur l’expérience utilisateur ainsi que sur des composants tels que l’interface, le back-end et les bases de données associées. Les tests de régression et les tests E2E se complètent : les premiers peuvent inclure des tests E2E complets, tandis que les seconds peuvent révéler des problèmes nécessitant une résolution via les tests de régression.

Tests de régression et IA

Les effets de l’IA sont considérables. Peu d’industries investissent autant dans l’intelligence artificielle que le secteur technologique, et les tests de régression comptent parmi les nombreux processus qui sont radicalement accélérés grâce à la puissance de l’IA.

Le terme « accéléré » est approprié, car la principale amélioration de l’IA dans ce domaine est l’augmentation de la vitesse à laquelle les conclusions des tests sont obtenues. Mais l’IA accroît également la précision des données de test.

Concrètement, l’IA utilise ses algorithmes pour construire des cas de test pertinents en analysant les données historiques, le comportement des utilisateurs et les changements de code. Cela permet de hiérarchiser les tests en fonction de leur impact prévisible. Et lorsque l’IA exécute ces tests, ils s’exécutent plus rapidement et produisent des résultats plus vite.

L’IA améliore aussi la nature et la qualité des tests de régression grâce à des méthodes de détection des anomalies et à des tests d’auto-réparation. Ces mécanismes permettent aux tests automatisés de rester fonctionnels, même en contexte de développement continu. En définitive, l’IA améliore les tests de régression en optimisant la prise de décision et en automatisant les tâches, ce qui réduit les coûts et accélère la mise sur le marché.

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