Une équipe de stand intervient sur une voiture de course

Qu’est-ce que le développement rapide d’applications ?

Définition du développement rapide d’applications

Le développement rapide d’applications (RAD) est une méthode de développement logiciel qui privilégie la rapidité, le développement itératif et les retours utilisateurs plutôt qu’une planification détaillée en amont. Avec la méthode RAD, le développement s’effectue par cycles courts, appelés itérations. Chaque cycle aboutit à une partie opérationnelle de l’application, que les utilisateurs peuvent tester et commenter.

En impliquant les utilisateurs dans les prototypes tout au long du cycle de vie du développement logiciel (SDLC), l’entreprise obtient un produit final de meilleure qualité, avec un délai de mise sur le marché plus court.

La méthode RAD est particulièrement utile dans les cas d’utilisation où les exigences d’interface utilisateur (UI) doivent orienter le développement. Pouvoir tester une interface, même en cours de conception, permet aux utilisateurs de fournir des retours plus utiles plus tôt dans le processus de développement. Cela contribue à éviter des échecs majeurs lorsqu’un logiciel est mis en production et que les utilisateurs constatent que le produit ne répond pas à leurs besoins.

Les phases d’une itération RAD

Voici les quatre phases types d’une itération RAD, telles que définies par le pionnier de l’informatique James Martin. La méthode RAD remonte au milieu des années 80 et a été formalisée comme méthode spécifique par Martin chez IBM dans son livre Rapid Application Development, publié en 1991, même si d’autres approches RAD ont été conçues en parallèle par d’autres acteurs à cette période. Les quatre phases présentées ici ont été définies par Martin, mais la méthode RAD en tant qu’approche générale du développement logiciel ne peut pas lui être attribuée à lui seul.

Planification des exigences

L’objectif de la phase de planification n’est pas de définir toutes les exigences en amont. L’équipe cherche plutôt à définir le problème à résoudre, les utilisateurs visés, les fonctionnalités qui compteront le plus pour eux et les principales contraintes de développement. Ces contraintes peuvent concerner le budget, le calendrier, les intégrations avec des environnements technologiques plus larges et les enjeux de conformité.

Plutôt que de produire de volumineux cahiers des charges, cette phase débouche sur des user stories, des wireframes, des listes de fonctionnalités, des décisions d’architecture, des objectifs de projet et des calendriers approximatifs. Ce niveau de planification reste minimal par rapport à d’autres approches, et c’est volontaire. La planification reste volontairement légère afin que les équipes puissent commencer rapidement à prototyper.

La méthode RAD part du principe que les exigences évoluent, car les utilisateurs ne savent souvent pas précisément ce qu’ils veulent tant qu’ils n’ont pas vu de prototype. Les enseignements tirés en temps réel pendant le développement permettent ensuite d’affiner le plan. Cette phase sert simplement de point de départ.

Conception utilisateur

Pendant la phase de conception, les équipes passent rapidement à la création de maquettes, de prototypes cliquables, de premiers parcours d’interface et de démonstrations fonctionnelles. Ces éléments servent à valider les idées et à identifier les problèmes d’utilisabilité. L’adhésion des parties prenantes se construit tout au long du processus. Les exigences abstraites se précisent à mesure que le processus fait apparaître ce qui compte vraiment et ce qui compte moins. Les hypothèses erronées sont mises en évidence tôt, et une compréhension commune de ce que le produit doit accomplir se construit progressivement.

Il est important que le prototype ne soit pas vu comme une simple démonstration. Il sert de base au développement et évolue souvent directement vers le produit final.

Construction

C’est la phase centrale de développement. Une fois le prototype stabilisé autour d’une vision commune, les équipes de développement enrichissent rapidement les fonctionnalités au fil de petites itérations, de versions fréquentes et d’intégrations rapides. Les développeurs travaillent en parallèle, sur des cycles courts, avec une forte collaboration entre disciplines. Au lieu de finaliser une partie du produit avant de passer au composant suivant, les équipes travaillent simultanément.

Par exemple, dans des approches plus traditionnelles, une équipe commencerait par développer un outil d’authentification, puis le transmettrait à une autre équipe chargée de créer un outil de reporting. Avec la méthode RAD, ces travaux se dérouleraient simultanément, les deux équipes collaborant étroitement.

Pour gagner en rapidité, les outils de développement rapide d’applications s’appuient souvent sur des solutions low-code et no-code, des automatisations, des bibliothèques réutilisables, des frameworks de composants et d’autres modèles prédéfinis, plutôt que sur un développement intégral à partir de zéro. Cela accélère la livraison, parfois au détriment d’une architecture parfaitement maîtrisée, de la maintenabilité à long terme et de la documentation.

Tests et retours

Le modèle de développement rapide d’applications considère les tests et les retours comme une composante continue de l’ensemble du workflow, et non comme une phase finale. Les chefs de produit, testeurs QA, parties prenantes métier et utilisateurs finaux participent aux tests tôt et régulièrement.

Contrairement aux approches traditionnelles, tous les types de tests (fonctionnels, utilisabilité, workflow, performance) ont lieu pendant le développement, et non après. L’objectif de ce processus itératif est d’éviter de produire un logiciel qui fonctionne techniquement, mais ne résout pas le bon problème. Une validation continue permet aux développeurs de mieux comprendre dans quelle mesure leurs solutions répondent aux besoins utilisateurs et métier.

Bascule

L’application finalisée et testée est déployée dans un environnement de production réel. Cette étape implique généralement la migration des données, la formation des utilisateurs et la correction des bugs de dernière minute. Grâce aux tests continus réalisés lors des phases précédentes, la transition est généralement plus fluide et plus rapide qu’elle ne le serait avec des méthodes traditionnelles.

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Les défis de la méthode RAD

La méthode RAD permet souvent aux entreprises de finaliser davantage de produits dans les délais et le budget prévus. Mais cette approche présente aussi des limites.

Gérer l’implication des utilisateurs

Le principal défi tient peut-être à la gestion des nombreux points de contact entre utilisateurs et développeurs. La méthode RAD a été conçue en réponse au modèle en cascade, une approche plus ancienne du SDLC, fondée sur des phases séquentielles qui doivent être terminées avant de passer à la suivante. Le modèle en cascade est issu de l’ingénierie traditionnelle d’infrastructures physiques, comme les ponts et les bâtiments. Mais les logiciels ne fonctionnent pas comme les systèmes physiques. Ils sont plus flexibles et peuvent évoluer au fil du développement en fonction des retours utilisateurs.

Dans le modèle en cascade, les utilisateurs définissent généralement les exigences, puis disparaissent pendant que les développeurs construisent la solution. L’approche RAD implique les utilisateurs tout au long du projet. L’entreprise doit donc rendre ces parties prenantes disponibles pour les tests et les retours. Souvent, les personnes les mieux placées pour fournir des retours pertinents sont très prises par leurs fonctions ; sans leur participation, le projet peut toutefois échouer. Cela crée un défi DevOps qui exige un pilotage fin de la part des chefs de projet.

Moins de contrôle

La flexibilité qui rend le processus RAD si utile se fait souvent au détriment du contrôle. Là où le modèle en cascade repose sur des phases rigides, la méthode RAD peut être plus chaotique. Elle n’est donc pas toujours adaptée aux logiciels critiques, lorsqu’une défaillance pourrait entraîner des décès ou d’autres catastrophes, ni aux systèmes à grande échelle composés de nombreux éléments.

La dérive du périmètre est un autre inconvénient fréquent de la méthode RAD. Les utilisateurs demandent sans cesse des fonctionnalités « souhaitables », ce qui allonge les délais et alourdit les budgets. Il est important de traiter les demandes des utilisateurs de manière à donner la priorité aux fonctionnalités essentielles.

Documentation limitée

La méthode RAD est rapide, et les développeurs relèguent la documentation au second plan pour maintenir ce rythme. Le risque est de compliquer la maintenance à long terme, avec des difficultés croissantes pour intégrer de nouveaux développeurs au fil du temps.

Perte de vision d’ensemble

Le prototypage rapide implique souvent d’avancer très vite et d’apporter de nombreux ajustements progressifs en réponse aux retours utilisateurs, au point que les ingénieurs peuvent perdre de vue les enjeux d’architecture plus larges. Sans une discipline solide en ingénierie logicielle, la conception du système peut devenir incohérente, les intégrations se complexifier, les modèles dériver et les projets logiciels se détacher progressivement des systèmes plus vastes dans lesquels ils doivent s’inscrire. L’évolutivité est un point de vigilance dans le modèle RAD, car les systèmes à grande échelle nécessitent généralement une architecture rigoureuse, une planification soignée et des processus formalisés.

En privilégiant la rapidité, la méthode RAD peut involontairement orienter les équipes vers les demandes immédiates, les correctifs rapides et une vision à court terme, ce qui devient plus problématique avec le temps.

RAD et agile

La méthode RAD et le développement agile se recoupent : tous deux rejettent les cycles de développement longs et rigides, et mettent l’accent sur l’itération. Mais là où la méthode RAD optimise avant tout la rapidité de livraison des applications, l’agile optimise généralement le développement logiciel adaptatif et durable. Avec son framework Scrum, axé sur une cadence de livraison prévisible et des sprints, l’agile met l’accent sur une livraison structurée et durable, avec des itérations planifiées, des objectifs définis, des rôles établis et des processus conçus pour préserver la qualité de l’ingénierie à long terme.

Auteur

Cole Stryker

Staff Editor, AI Models

IBM Think

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