Blockchain

IoT et blockchain pour lutter contre la black chain

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Obtenir une visibilité totale durant le cycle logistique est le rêve de tout industriel, surtout quand il s’agit de denrées alimentaires soumises à la chaîne du froid. Grâce à l’IoT et à la blockchain, le suivi de la qualité devient dynamique et temps réel. Illustration concrète avec l’initiative Smart Green Pallet.

Chaque jour, chargeurs et distributeurs luttent contre un de leurs principaux fléaux : la « black chain ». Cette absence de visibilité durant les phases d’expédition peut en effet avoir des effets catastrophiques sur la qualité des denrées alimentaires transportées, notamment quand il s’agit de logistique du froid et de transport sous température dirigée, plus généralement contrôlée.

La surveillance des événements survenant en amont de la livraison est donc un élément déterminant permettant à tous les acteurs concernés de recueillir une information de qualité. Mais pour relever le défi de la black chain, le recours à des technologies de pointe s’impose.

 

Le couplage IoT / blockchain

Une des premières technologies concernées est l’IoT. Concrètement, cela signifie que des capteurs, positionnés au centre d’une palette, d’un colis, d’un roll ou d’un conteneur, vont recueillir deux types de données : la localisation des contenants et la surveillance de la qualité des contenus transportés (suivi de la température, enregistrement des chocs…).

Pour que la remontée d’information soit optimale, l’IoT doit être couplé à la blockchain. L’IoT représente le temps réel, la blockchain l’assurance d’un partage efficace de l’information. Outre son caractère infalsifiable, la blockchain permet d’associer les informations qualitatives captées aux données métiers, comme celles relatives aux produits transportés.

 

Des alertes riches d’enseignements

Lorsque des alertes sont émises par le couple IoT/blockchain, elles déclenchent des processus visant à bloquer – pour défaut de qualité – les produits concernés à l’endroit même où ils se trouvent. Les entreprises impliquées peuvent alors lancer des démarches visant à corriger les dysfonctionnements et prendre les mesures adéquates afin qu’un réapprovisionnement soit mis en œuvre dans les plus brefs délais, pour éviter toute rupture en magasin.

Ces alertes permettent aussi d’optimiser la valorisation des produits abimés ou même périmés qui, dans la plupart des cas, peuvent encore trouver des débouchés, ce qui évite toute perte alimentaire inutile. En cas de besoin, des rappels de produits sont même susceptibles d’être organisés. Il est alors possible de localiser rapidement et avec précision les lots concernés. Enfin, le traitement des litiges est facilité en raison du caractère transparent et sécurisé de la blockchain.

 

Une démarche qui ne peut être que commune

La lutte contre la black chain est par définition transverse, commune à toutes les parties prenantes d’une industrie, sans exception. Certes, les technologies apportent une instantanéité et une fiabilité de l’information qu’aucun acteur ne peut contester. Mais pour adresser ce type de problématique, les initiatives ne peuvent se jouer qu’au niveau de l’écosystème tout entier.

Des questions de mise à l’échelle se posent en effet immédiatement, en raison de coûts trop élevés qu’il faut faire baisser par d’importants volumes, ou de dispositifs de reverse logistique qu’il faut organiser à l’échelle d’une filière complète.

Des entreprises concurrentes doivent se mettre autour d’une même table et rentrer dans une démarche de coopétition. L’enjeu n’est pas de gagner des parts de marché mais de résoudre des problèmes communs. Les projets individuels ont toutes les chances d’échouer. Il faut raisonner collectif, circuit ouvert, masse critique, économies d’échelle… Autour de la table, les pouvoirs publics ont, eux aussi, leur rôle à jouer : subventions, incitations fiscales et environnementales… La gamme des leviers activables est large.

 

L’enjeu de la durabilité au cœur de ce type de projet

Mais un tel projet n’a de sens que s’il est conçu de manière durable. C’est ce que nous avons expérimenté dans le cadre de la Smart Green Pallet, un programme pilote lancé dans le cadre de l’initiative Supply Chain Green Innovation d’IBM. La Smart Green Pallet est un concept de palette en plastique recyclé, recyclable et réutilisable. Deux fois moins lourde, dix fois plus durable et plus hygiénique qu’une palette traditionnelle en bois, elle est fabriquée en France à partir de plastique recyclé français, provenant de sources domestiques ou industrielles.

Certes, une palette en plastique recyclé n’a pas la même couleur ni la même apparence qu’une palette neuve. Mais cela n’a pas d’importance, le marketing du « moche » est très efficace. Et si la palette coûte plus cher que des modèles non-recyclés, il suffit de faire baisser les prix grâce aux volumes.

Parmi les aspects les plus importants à surveiller dans ce genre de projet : la solidité de l’objet et le sourcing de la matière première recyclée. Sur ce dernier point, il est parfois plus facile de se procurer du plastique recyclé en Allemagne ou en Suisse qu’en France. Les représentants des ministères concernés ont alors un rôle crucial à jouer pour inciter la filière à se mettre en ordre de bataille.

Découvrez le livre blanc sur la Smart Green Pallet !

 

 

 

 

Supply Chain Green Innovation Leader

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