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Des transports plus
intelligents

Intelligence intégrée, outils d'analyse, optimisation... le doyen des transports modernes est en passe de connaître une révolution.

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Un train d’avance, avec des transports plus intelligents

Partout dans le monde, les secteurs public et privé ont pris conscience de la nécessité d’améliorer les infrastructures des transports. Les acteurs de ces secteurs considèrent de plus en plus que des réseaux ferrés plus intelligents pourraient être la bonne solution. Mais comment faire ?

Les hasards de l’histoire, de la géographie, de l’économie et de la politique font que certains continents comme l’Europe ont pris une avance considérable dans l’optimisation des infrastructures ferroviaires voyageurs, tandis que d’autres, comme l’Amérique du Nord, sont allés plus loin dans l’acheminement du fret. Chacun peut apprendre de l’autre. Nous sommes à un tournant historique, car les progrès technologiques permettent désormais de répondre aux attentes (sociales, environnementales et financières) de tous ceux qui aspirent à des systèmes de transport plus efficaces et plus intelligents. Des infrastructures de transport équipées, interconnectées et en particulier des chemins de fer plus intelligents peuvent à la fois renforcer l’économie mondiale, réduire les émissions de gaz à effet de serre, améliorer la sécurité routière et diminuer les embouteillages. En somme, sur une planète plus intelligente, il faut des réseaux ferrés plus intelligents.

Le Shinkansen Tokaido au Japon – la ligne à grande vitesse la plus fréquentée du monde – affiche un retard annuel moyen de seulement 30 secondes. Amtrack, la compagnie de chemin de fer voyageurs américaine, exploite plus de 35 000 km de voies ferrées – détenus à 97 % par des compagnies de fret ferroviaire. On estime que, dans les cinq ans, 300 milliards de dollars seront investis dans le développement et la modernisation des chemins de fer de par le monde.

Les quatre grands défis des responsables ferroviaires: Capacité et engorgement. Efficacité et fiabilité opérationnelles. Enjeux structurels et concurrence. Sûreté et sécurité.

Des chemins de fer plus intelligents : une opportunité pour le secteur ferroviaire

Dans le monde entier, le secteur ferroviaire doit faire face à une hausse de la demande sur les deux segments – marchandises et voyageurs. Au lieu de freiner leurs investissements en période de crise, les compagnies de chemin de fer doivent faire aujourd’hui exactement le contraire. Cette étude explique pourquoi ce secteur doit investir maintenant dans l’innovation et se projeter en avant pour répondre aux besoins du 21e siècle.


Les compagnies de chemin de fer ont toujours fait partie d’un vaste écosystème : au début du 20e siècle, elles ont même contribué à la consolidation du réseau routier pour relier les producteurs, les revendeurs et les voyageurs aux lignes ferroviaires. Au 21e siècle, elles vont continuer à développer leurs réseaux sur une infrastructure de transport encore plus étendue, incluant voyagistes, fournisseurs, clients, prestataires logistiques, transporteurs intermodaux et organismes de réglementation.

Laura Wynter, chercheur chez IBM, raconte comment IBM contribue au développement de réseaux ferrés plus intelligents pour faciliter les trajets quotidiens de millions de personnes. Elle intervient dans quelques-uns des systèmes de transport public les plus complexes du monde, en partenariat avec les chemins de fer néerlandais, la Taiwan High Speed Rail Corporation et le métro de Guangzhou, en Chine.


Le rail transporte chaque année 21 milliards de passagers et 10 milliards de tonnes de marchandises dans le monde. Le train assure 6,25 % du trafic voyageurs interurbain en Europe, contre 0,3 % aux États-Unis. En revanche, les chemins de fer européens n’acheminent que 18 % du fret interurbain, contre 47 % aux États-Unis.

Afin de faire face aux défis du XXIème siècle, les compagnies de chemin de fer doivent être encore plus « équipées ». Déjà, des équipements de voie surveillent les signatures acoustiques ainsi que les effets de la chaleur et des défauts de roues sur la majorité des voies ferrées d’Amérique du Nord et sur nombre de réseaux ferroviaires européens. Des étiquettes radio (RFID), lues par des installations fixes le long des voies, facilitent l’identification des wagons, tandis que les dépôts sont placés sous la protection de systèmes vidéo et de réseaux sans fil. Mais ce n’est pas tout, car de nouveaux modèles économiques et de nouvelles pratiques voient le jour. Les passagers peuvent par exemple payer en fonction de leurs trajets effectifs. Les activités d’entretien peuvent être déclenchées sur la base de prévisions précises des besoins, plutôt que selon des calendriers réglementaires. Et des systèmes vidéo sophistiqués viennent renforcer la sécurité des voyageurs, du matériel roulant et du fret.

Si les réseaux ferrés sont l’un des premiers exemples de systèmes interconnectés de l’ère industrielle, il existe aujourd’hui un vaste potentiel de progrès. L’orchestration globale du trafic ferroviaire permet d’optimiser l’utilisation des équipements et de la capacité – pour les passagers comme pour le fret. D’importants réseaux voyageurs à grande vitesse, avec des systèmes intégrés pour les horaires, la billetterie et les services, sont en cours de développement en Europe et en Chine. Et les constructeurs de systèmes ferroviaires européens et canadiens, loin de se cantonner à des marchés nationaux matures, engagent d’ambitieux projets au Qatar, au Koweït, en Arabie Saoudite et dans les Émirats arabes unis.

La mise en œuvre d’une telle masse de données et de processus exigera une infrastructure de transport beaucoup plus intelligente – qui pourra faire du train le moyen de transport privilégié de demain. Des systèmes de surveillance mobiles fourniront de précieux renseignements aux compagnies grâce à la collecte continue d’une masse de données et à leur analyse en temps réel, qu’il s’agisse du contrôle du matériel roulant, des données d’exploitation, de la vérification des listes de chargement, de l’état du fret ou de la détection des intrusions. Des capteurs installés sur les wagons déclencheront des messages en fonction de modèles décisionnels et d’outils d’analyse. Des tâches automatisées assureront ensuite la diffusion adéquate des informations, le dispatching des interventions, les commandes de pièces et la planification de la maintenance, ainsi que des télédiagnostics. À terme, ces technologies mobiles limiteront la nécessité d’infrastructures fixes le long des voies. Elles donneront aux exploitants la souplesse et la réactivité dont ils ont besoin pour optimiser le planning du personnel, l’ajout ou le retrait de voitures, et l’intégration plus étroite du transport des passagers et du fret – avec une réduction considérable des retards.

Tout cela ne se fera pas sans investissement ni sans une définition claire des priorités. Mais des réseaux ferrés plus intelligents peuvent apporter un réel avantage concurrentiel dans l’écosystème des infrastructures ferroviaires. Ils peuvent réduire les coûts de création de nouvelles lignes et d’ajout de matériel roulant tout en améliorant le service clients dans un environnement où les possibilités d’extension sont limitées. De plus, en absorbant une part croissante du trafic marchandises et voyageurs, ils peuvent décongestionner la circulation, améliorer la sécurité routière – et réduire du même coup la pollution.

Au 19e siècle, le train était le moyen de transport de la révolution industrielle. De plus en plus équipé, interconnecté et intelligent, il est aujourd’hui appelé à jouer un grand rôle dans le développement d’une planète plus intelligente.