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Prochain arrêt : une planète plus intelligente.

Pendant la plus grande partie des deux cents dernières années, les systèmes ferroviaires mondiaux ont été vus comme un symbole — et un moteur au sens littéral du terme — de la modernité. Ils ont été de la révolution industrielle, de l'expansion de l'ouest des États-Unis et de l'ouverture de l'économie mondiale à toutes les populations. Ils ont relié les collectivités, encouragé la croissance des villes et transporté les marchandises tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des centres urbains.

Si l'ère de l'histoire d'amour vécue avec les trains est bel et bien terminée, il n'en va pas de même de notre dépendance envers ce mode de transport. Chaque année, les voies ferrées transportent 10 milliards de tonnes de marchandises et 21 milliards de passagers. Et, étant donné les tendances démographiques actuelles liées à l'urbanisation massive, cette demande ne peut que s'accroître. Entre 2006 et 2007, le marché ferroviaire mondial a enregistré une hausse de 9 %. Aux États-Unis seulement, on prévoit que la demande pour le transport de marchandises par train doublera au cours des 25 prochaines années.

Et c'est une bonne chose. Le transport ferroviaire est de 2 à 5 fois plus éconergétique que le transport par camion ou par avion. Ce mode de transport permet en effet de transporter 1 tonne de marchandises sur 180 km avec 1 seul litre de carburant. Et un seul train de marchandises sur une voie peut remplacer 280 camions sur une route, contribuant ainsi à réduire la consommation de carburant, la congestion et les émissions. En fait, le transport de passagers par rail produit de 3 à 10 fois moins de CO2 que le transport routier ou aérien.

Le hic, c'est que la demande ferroviaire mondiale dépasse la capacité, et que cela pèse sur les systèmes planétaires existants, crée des engorgements et limite la capacité de croissance des économies fragiles. Les trains peuvent être retardés dans des carrefours congestionnés ou forcés d'attendre sur une voie d'évitement. Les systèmes de réservation et de billetterie doivent être modernisés. Exacerbés par des populations urbaines en plein essor, les besoins en matière de transport ferroviaire augmentent, et les administrations publiques mettent de plus en plus de pression sur les services ferroviaires pour assurer leur sécurité. L'infrastructure et les technologies vieillissantes actuelles ne peuvent tout simplement pas répondre aux besoins en transport d'une planète plus intelligente.

Il faut plutôt imaginer ce que serait un système ferroviaire intelligent — un système dans lequel on aurait insufflé suffisamment d'intelligence pour en hausser la capacité et le taux d'utilisation, et réduire la congestion. Un système où les horaires sont réglés de façon dynamique pour faire face aux interruptions de service liées à la météo. Un système dans lequel les retards sont moins nombreux grâce à des sous-systèmes d'autodiagnostics. Dans lequel des capteurs intelligents détectent les problèmes potentiels avant qu'ils ne causent des retards ou des déraillements. Dans lequel les wagons assurent leur propre surveillance et celles des chaînes logistiques, et où les structures de déplacement des passagers sont analysées pour réduire au minimum l'impact environnemental.

Heureusement, nous pouvons dès maintenant commencer à voir certains de ces impacts, parce que des systèmes ferroviaires plus intelligents sont déjà mis en œuvre un peu partout dans le monde. Union Pacific Corporation teste actuellement un système de surveillance sans fil qui saisira et analysera les données critiques sur les trains, de la pression d'air aux essieux, en passant par les freins et la température des roulements de roues. Les usagers du système de transport public de Singapour utilisent des cartes à puce pour payer leur passage dans les trains et les autobus, et les données ainsi collectées contribuent à structurer les routes et les horaires. Aux Pays-Bas, Netherlands Railways utilise un logiciel d'analytique évoluée pour pondérer 56 000 variables, y compris l'infrastructure ferroviaire et la demande, pour assembler et ordonnancer plus de 5 000 trains de passagers par jour — et ainsi améliorer l'efficacité de 6 % et économiser 20 millions d'euros par année. Quant à la Californie, elle prévoit que les trains à grande vitesse peuvent l'aider à éliminer plus de 5,4 milliards de kilogrammes de gaz à effet de serre et à économiser 12,7 millions de barils de pétrole chaque année.

Au cours des deux derniers siècles, nous avons mesuré l'évolution croissante des trains en kilomètres de voies et en kilomètres par heure. Dans le présent siècle, nous la mesurons en données par kilomètre.

Bâtissons une planète plus intelligente.




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