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Icônes de progrès
 

Un ordinateur nommé Watson

IBM100 A Computer Called Watson iconic mark
 

Le super calculateur d'IBM, surnommé «Watson» est un système d’information capable de comprendre le langage naturel, notre langage, et d’appréhender toute la subtilité d’une réflexion humaine. C’est une machine capable de simuler un raisonnement humain et d’engranger un savoir gargantuesque, l’équivalent d’1 million de livres.

En février 2011, Watson est entré dans l'histoire en étant le premier ordinateur à remporter le jeu télévisé Jeopardy!, jeu qui consiste, face à 2 grands champions, à trouver la question correspondant à une réponse donnée par l’animateur, c’est l’inverse de « Questions pour un champion ».

En février 2011, l'ordinateur Watson d'IBM est entré dans l'histoire en se mesurant aux deux plus grands champions du jeu télévisé Jeopardy! Watson utilise le logiciel Deep QA développé par les équipes d’IBM Research. Même si le grand défi à relever pour l'équipe de projet était de gagner à Jeopardy!, Watson a été conçu pour contribuer à un objectif plus ambitieux, celui de créer une nouvelle génération de technologies capables de trouver des réponses dans des données non structurées, et ceci plus efficacement que les technologies de recherche standards.

Watson comprend remarquablement bien toute question-piège et y répond tout aussi bien. Les scientifiques d'IBM ont rapidement dit que Watson ne pense pas. «L'objectif est de modéliser le cerveau humain», affirme David Ferrucci, qui a passé 15 ans, à IBM Research, à travailler sur des problèmes liés au langage naturel et à trouver des réponses dans des piles d'informations non structurées. «L'objectif est de créer un ordinateur qui peut mieux comprendre le langage naturel et interagir de façon plus efficace, mais pas nécessairement comme le font les humains.»

Trouver des réponses, cela n'a jamais été le point fort des ordinateurs. Les moteurs de recherche ne répondent pas à une question — ils affichent des milliers d'occurrences correspondant à des mots clés. Les chercheurs universitaires et les ingénieurs dans les entreprises ont longtemps travaillé à des logiciels pouvant répondre à des questions. À ce jour, le meilleur n'a pu arriver qu'à répondre à des questions simples («Combien d'oscars Elizabeth Taylor a-t-elle gagnés?») et encore, les réponses données étant mauvaises près d'une fois sur trois. Ce qui n'est pas suffisamment bon pour être utile, encore moins pour battre les champions de Jeopardy!

Les énoncés de cette émission sont truffés de subtilités et de jeux de mots — si les humains prennent plaisir à ce genre de choses, c'est un obstacle de taille pour les ordinateurs. À l'indice-réponse «Fléau du XIV e siècle par la suite devenu une pièce à succès d'Arthur Miller» énoncé à Jeopardy!, la question correcte à formuler était «Qu'est-ce que La peste du commis voyageur?». La seule façon de trouver cela est de rassembler des éléments d'information de diverses sources, puisqu'il est peu probable que la solution soit écrite quelque part.

Watson tourne sur un ensemble d'ordinateurs Power 750 MC — 10 armoires, 90 serveurs, 2 880 cœurs de processeurs, le logiciel DeepQA et de l'espace de stockage. Tout cela peut contenir l'équivalent d'environ un million de livres en information. Pendant quelques années, Watson a été nourri de montagnes de renseignements, y compris de textes provenant de sources commerciales, comme la World Book Encyclopedia, et d'autres permettant la copie de leur contenu, comme Wikipédia et des livres du projet Gutenberg.

Quand Watson reçoit une question, plus d'une centaine d'algorithmes l'analysent de différentes façons et trouvent plusieurs réponses plausibles — tout cela en même temps. Par ailleurs, d'autres algorithmes classent les réponses et leur attribuent une cote. Watson trouve des éléments à l'appui ou non de chacune des réponses possibles. Il trouve donc des centaines d'éléments à l'appui de chacune des centaines de réponses possibles, puis à l'aide de centaines d'algorithmes il évalue le degré de plausibilité de ces éléments en regard de la question. La réponse ayant la cote de confiance la plus élevée est choisie. Toutefois, au cours d'une émission Jeopardy!, si la meilleure cote n'est pas suffisamment élevée pour être digne de confiance, Watson prend la décision de ne pas appuyer sur le bouton et de ne pas risquer de perdre de l'argent. L'ordinateur Watson fait tout cela en trois secondes.

À la fin de 2010, pendant des séances d'entraînement d’IBM Research à Yorktown Heights, dans l'État de New York, Watson a remporté environ 70 % des parties auxquelles il a été soumis contre d'anciens champions de Jeopardy! en répondant correctement à bon nombre de questions. Au début de 2011, Watson a affronté les deux grands champions de Jeopardy!, Ken Jennings et Brad Rutter.

La technologie question-réponse à la base de Watson est appelée à évoluer pour devenir un produit commercial. Dans un article du New York Times, John Kelly, qui dirige le groupe Recherche IBM, s'est exprimé en ces termes : «Je veux créer quelque chose d'utilisable partout, dans tout le secteur de distribution, dans le secteur du transport, et j'en passe. Partout où la notion de temps est cruciale, et où les décideurs doivent avoir accès à des informations pointues. Les ordinateurs ont besoin de passer de simples machines calculant en arrière-guichet à des systèmes améliorant les renseignements dont les gens ont besoin pour prendre des décisions.»