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L’équipe française de l’ISEP, lauréate du challenge Call for Code 2021 consacré au développement durable

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Le Challenge Call for Code  a été créé par le producteur philanthropique David Clark, fondateur de la David Clark Cause. En partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, la Fondation Linux et​ IBM.

Ce Challenge est ouvert aux développeurs, start-ups, universitaires, ONG du monde entier. L’objectif est d’imaginer des solutions innovantes open-source basées sur l’intelligence artificielle, le cloud computing, l’IoT… pour relever les grands défis du développement durable : l’assainissement de l’eau, la faim dans le monde, la production et la consommation responsable.

Ce concours s’inscrit dans la lignée des actions d’IBM qui a investi 30 millions de dollars sur cinq ans pour utiliser le plein potentiel des technologies afin de protéger l’environnement de la pollution, sauver des vies humaines et améliorer l’avenir des prochaines générations.

 

L’équipe française Trashtag : 3 étudiants de l’ISEP ingénieux et motivés

On a interviewé l’équipe Française du Trashtag qui a remporté le Challenge Call for Code, dans la catégorie dédiée à l’enseignement supérieur.

En quelques mots , au sein du Garage ISEP, une association dédiée à l’innovation, Maë Bain, Erwann David et Adrian Kinsey-Hilllou, respectivement en 3ème, 2ème et 1ère année du cycle ingénieur de l’ISEP – école d’ingénieurs du numérique, ont conçu un projet autour de la blockchain et de l’intelligence artificielle. Principal objectif : lutter contre la pollution sauvage tout en développant les ressources financières des populations les plus démunies.

  • Pourquoi avoir choisi ce challenge en particulier ?

Erwann : Call for Code est un challenge très réputé, qui permet de se confronter à des ingénieurs du monde entier. Mais surtout, c’est un concours de référence dans le domaine de l’environnement – et c’est un thème qui nous tient à cœur.

  • Pouvez-vous décrire votre projet ?

 Maë : De nombreux déchets sont abandonnés partout dans le monde. Au mieux, ils défigurent le paysage, au pire, ils peuvent être dangereux pour les populations et l’environnement. Dans certains pays, la pollution de l’eau par les déchets plastiques provoque l’apparition de maladies, comme le choléra, la dysenterie…  Et certaines zones du monde les plus polluées sont celles où il y a le plus de pauvreté. L’idée a donc été de connecter ces deux problématiques via la crypto-finance. Notre ambition est de créer un cercle vertueux économique en rémunérant le ramassage de déchets abandonnés.

Adrian : Concrètement, si un utilisateur identifie un lieu contaminé par la pollution sauvage, il peut prendre en photo les déchets, se retrousser les manches pour tout ramasser puis reprendre une photo pour montrer le travail effectué. Ces photos sont ensuite envoyées dans notre moteur de vérification. Si l’action est validée, l’utilisateur est récompensé par un montant en cryptomonnaie. Cette somme est déterminée par une intelligence artificielle et dépend de la quantité de détritus ramassés. Notre cryptomonnaie est ensuite échangeable avec d’autres cryptomonnaies, et par extension, avec des monnaies ayant un cours officiel.

Erwann : Avec notre application, un grand nombre de personnes, en particulier dans les pays en développement, pourront ainsi subvenir à leurs besoins grâce à l’argent dégagé pour protéger l’environnement. Trashtag jette les bases d’une nouvelle forme d’emploi, 100% numérique, accessible à tous, décentralisée, répondant aux objectifs de développement durable fixés par l’ONU.

  • Comment avez-vous eu cette idée ?

Adrian : Quand j’étais en première année, le Bureau des Élèves de l’ISEP avait organisé une journée écologique consacrée au challenge Trashtag. Le principe était de parcourir Paris et de ramasser des déchets qu’on prenait en photo. En travaillant sur la blockchain, je me suis dit qu’on pourrait transformer ces photos en assets digitaux représentant une valeur, celle de l’action écologique.

  • Pourquoi avoir fait le choix de la blockchain et de l’intelligence artificielle ?

Maë : La blockchain permet de stocker toutes les images et d’automatiser, via les smartcontracts, les opérations de notre application. La décentralisation offre des coûts incomparables par rapport à ceux d’un serveur traditionnel.

Erwann : Pour l’intelligence artificielle, nous avons utilisé les outils d’IBM Watson. L’intelligence artificielle nous permet d’identifier la propreté des lieux et de reconnaitre les déchets afin de les quantifier. Elle est actuellement opérationnelle, mais elle doit encore être entrainée.

  • Avez-vous été formés à ces technologies ?

Erwann : C’est un sujet que nous avons surtout abordé au sein du Garage ISEP. On s’est beaucoup documenté, et nous avons été aidés par les encadrants et certains anciens de l’ISEP, très pointus sur ce thème. On développe en Solidity, un langage orienté objet utilisé pour implémenter les smartcontracts sur diverses blockchains. Pour ce qui est de l’intelligence artificielle, nous avons pu bénéficier de l’aide d’IBM.

Maë : A l’ISEP, on touche à beaucoup de langages de programmation. On apprend les mécanismes pour passer d’une technologie à une autre, donc cela a été assez facile d’adopter Solidity, d’autant qu’il est très bien documenté.

  • Le premier des crypto-actifs, le Bitcoin, souffre d’une mauvaise image en matière de consommation d’énergie. Comment cela est-il compatible avec votre projet ?

Erwann : le Bitcoin est l’ancêtre des actifs numériques. Il fonctionne sur le principe de la « Proof of Stake », qui demande énormément de puissance de calcul. Certaines blockchains utilisent des principes différents, dont la « Proof of Work », beaucoup moins consommatrice d’énergie. Par exemple, lorsque le Bitcoin consomme entre 90 et 160 TWh par an, Fantom, que nous avons choisi, ne consomme pas plus qu’un site web.

  • Comment avez-vous accueilli votre première place dans la catégorie Universitaire ?

Maë : nous sommes vraiment heureux du résultat. Cela a quand même été une surprise d’atteindre un tel niveau compte tenu des projets présentés par des équipes de grandes universités mondiales. Nous comptions déjà approfondir notre idée, même sans être lauréat. Cette première place va nous permettre d’aller plus vite et va nous ouvrir plus facilement les portes.

  • Quelle suite souhaitez-vous justement donner à votre projet ?

Adrian : Nous sommes allées à la COP26 pour présenter Trashtag et démontrer comment la technologie pouvait apporter des solutions concrètes en matière de protection de l’environnement. Nous avons eu un accueil très positif de la part d’un grand nombre d’acteurs politiques, d’entrepreneurs, d’associations et de fonds d’investissements « verts ». Le fait de relever le double défi de la pollution et d’un accès à un revenu est un point fort de notre projet. Il suffit d’un smartphone pour utiliser notre application et il faut savoir que les smartphones connectés à Internet sont très répandus dans les pays en voie de développement. En 2020 par exemple, 45% de la population d’Afrique sub-saharienne disposait d’un smartphone et ce chiffre devrait significativement croitre dans les années à venir.

Nous allons présenter un dossier pour rejoindre l’incubateur de l’ISEP. L’idée est de challenger nos idées, d’ajuster le concept pour aller au-delà du projet que nous avons présenté à Call for Code.

  • Quels conseils avez-vous à donner aux personnes qui souhaitent relever ce Challenge ?

Maë : Il ne faut pas hésiter à se lancer dans l’aventure ! Call for Code permet d’aller plus loin en matière de créativité et d’améliorer ses compétences. C’est finalement sur ce type d’exercice qu’on apprend le plus, car on travaille sur quelque chose de concret. Je recommanderais de ne pas tarder pour démarrer. Avec du recul, je pense qu’on a pris un peu de retard : il faut du temps pour challenger le concept, aller jusqu’au bout de ses idées, développer ses contacts… C’est deux ou trois mois ultra-intenses, mais cela offre énormément d’opportunités !

Si vous souhaitez découvrir les technologies IBM qui ont contribuées à ce projet, IBM offre un accès gratuit aux formations et aux technos avec le programme IBM Academic Initiative. Il suffit de se connecter avec son adresse email académique sur le portail ibm.com/academic

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