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Concilier grands projets industriels et méthodes agiles

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Plus adaptées aux petits groupes, les démarches de type Scrum seules ne conviennent pas au monde de l’industrie. Le framework SAFe (Scaled Agile Framework) répond à cette problématique, en mettant à l’échelle les méthodes agiles et en intégrant l’ingénierie dirigée par les modèles.

D’un côté, il y a l’approche par cycles en V, une méthodologie d’ingénierie de systèmes très répandue dans l’industrie avec actuellement l’émergence forte du MBSE (Model-Based Systems Engineering). De l’autre, il y a les méthodes agiles, très réactives, mises en œuvre notamment dans le développement logiciel avec de petites équipes.

Ces démarches sont à première vue incompatibles. Pour la première, le développement suit un contrat qui est basé sur un contenu ; pour la seconde, le contrat s’appuie sur des délais, le contenu venant au fur et à mesure.

Il est difficile de faire cohabiter ces démarches. Par exemple, une équipe chargée de la conception d’une carte électronique avec de multiples fonctions mettra environ 3 mois avant d’avoir une première version – qui ne contiendra pas forcément toutes les fonctions prévues à l’origine. En parallèle, l’équipe logicielle développe une application en mode Scrum, en ajoutant chaque semaine des fonctions. Si l’une d’elles s’appuie sur la fonction manquante sur la carte hardware, cela ne passera pas au moment de l’intégration.

Il existe toutefois des frameworks réconciliant ces deux démarches, dont l’un commence à être plus largement diffusé en France dans le domaine industriel : SAFe, pour Scaled Agile Framework. Comme son nom l’indique, SAFe aide à monter en échelle tout en travaillant avec des méthodes agiles. Car certaines entreprises s’en sont rendu compte à leurs dépens : un schéma d’organisation de type Scrum fonctionne bien avec de petites équipes, mais est inadapté aux projets de grande envergure, de type système de systèmes (une voiture par exemple). Il est également inadapté aux entreprises qui ont conservé un mode contractuel traditionnel avec leurs clients.

De plus, SAFe intègre la méthodologie MBSE dans sa version « Large Solution », ce qui lui permet de réconcilier les ingénieurs systèmes avec l’agilité. Le MBSE permet en effet de faire de la simulation : il est ainsi possible de simuler une nouveauté que l’on souhaiterait mettre en place avant de l’intégrer physiquement, ce qui garantit une certaine agilité.

 

Tenir compte du Set-Based Design

Le principe numéro 3 du SAFe (Assume variability ; preserve options) est pris en compte au travers du Set-Based Design (SBD). Cela consiste à retarder le plus longtemps possible les décisions d’architecture, par nature contraignantes. Cela permet de gagner en flexibilité, et d’éviter d’être bloqué sur l’implémentation d’une fonction qui serait incompatible avec des décisions prises trop en amont. En conséquence, plusieurs options sont menées en parallèle le plus longtemps possible, selon les choix d’architecture et autant de branches sont donc créées au niveau MBSE. D’où l’importance de la simulation, qui permet de faire des essais plus rapidement sur les différentes architectures.

Précisons enfin que la toute nouvelle version 5.0 du SAFe intègre maintenant le Customer Centricity ainsi que le Design Thinking. Ce sont des méthodologies éprouvées qui permettent de travailler en intégrant le client final dans la définition du besoin. On s’intéresse à cette problématique grâce à des « persona » qui servent à définir une expérience utilisateur optimale. Le MBSE est particulièrement intéressant pour le Design Thinking car il permet d’aller jusqu’aux prototypes Hi-Fi (High Fidelity).

IBM propose tous les outils pour la mise en pratique du SAFe. Parmi les premiers utilisateurs de SAFe en France, on retrouve des banques et Pôle Emploi. S’ils ne sont pas sur le secteur industriel – et n’exploitent pas le MBSE – ils ont en commun d’avoir des systèmes informatiques très complexes, avec beaucoup d’interdépendances. Bien qu’habitués aux méthodes agiles, ils se sont rendu compte que l’agilité sur de petites équipes sans impacter toute la structure ne fonctionnait pas à grande échelle ou finissait par coûter très cher.

 

Une décision structurante

Aujourd’hui, les entreprises sont prêtes à investir sur ce type de frameworks. Elles sont conscientes que MBSE est une méthodologie bien plus puissante que l’ingénierie traditionnelle à base de documentation technique. Ayant subi des échecs dans l’agilité avec Scrum, elles s’intéressent également à SAFe. Les outils sont d’ores et déjà disponibles : les solutions telles que celles que propose IBM sont capables de gérer les notions de branches parallèles et de passage à l’échelle. Cela suppose un investissement de la part des entreprises, notamment en formation et en réorganisation des processus. Sur ce point précis, les industries ont l’habitude de communiquer lors des cycles en V, donc sur des intervalles de temps relativement longs. SAFe, avec son côté très itératif, nécessite de communiquer de façon beaucoup plus fréquente et d’être systématiquement à jour sur toutes les informations. Cela implique par conséquent de casser les silos qu’il peut y avoir entre les équipes mécaniques, hardware et software par exemple.

Autrement dit, c’est une décision qui se prend à un très haut niveau dans l’entreprise, généralement en comité de direction. Et les budgets nécessaires peuvent être conséquents, mais cela permet rapidement des gains très importants en termes de temps de développement. C’est un avantage compétitif fort dans ce monde en perpétuel changement !

 

Pour en savoir plus, parcourez notre page dédiée ingénierie système

Field Application Engineer, IBM Watson IoT

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