Intelligence Artificielle

Les questions éthiques sont au cœur des enjeux technologiques de demain

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Le voyage vers la Lune, auquel IBM a contribué dès les années 60, illustre la capacité à se dépasser grâce à l’alliance de la technologie et des talents humains. Il est aussi symbolique des enjeux qui se posent, cinquante ans plus tard, à nos sociétés. Celles-ci sont à l’aube de nouveaux sauts technologiques, par exemple avec l’informatique quantique, et doivent faire face à des défis majeurs en termes d’inclusion du plus grand nombre. Explications avec Constance Bordes, chargée de missions stratégiques Marketing & Communications chez IBM France.

 

Pourquoi IBM a-t-il tenu à s’associer à l’exposition Lune du Grand Palais ?

Constance Bordes – C’était une évidence, car IBM est intimement liée à la mission Apollo XI, qui a permis de poser un équipage sur la Lune, le 20 juillet 1969, et dont l’exposition célèbre le cinquantenaire. La Compagnie a participé aux différentes missions Apollo dès les années 60 et jusqu’à la fin du programme, en 1975. Quatre mille employés d’IBM ont construit les ordinateurs et écrit les logiciels complexes qui ont contribué aux différents alunissages permettant à 12 astronautes de marcher sur la Lune ; sans oublier leur retour sur Terre. Par exemple, la trajectoire de rentrée d’Apollo XI a dû être calculée 400 fois au cours de la mission ! IBM a notamment conçu l’ordinateur embarqué, capable de communiquer avec d’autres entre la Terre et la Lune, dans l’espace… Nous avons aussi voulu nous associer à cette exposition parce qu’elle illustre la manière dont l’humanité parvient à se dépasser. Dans l’espace, il faut résoudre les problèmes dans des conditions extrêmes. Ce n’est possible que si les différentes sensibilités peuvent s’exprimer. L’exposition montre aussi comment le voyage vers la Lune a inspiré des gens d’horizon très différents. Il est intéressant de voir comment les commissaires ont mêlé les premiers regards scientifiques à des œuvres contemporaines et variées.

 

Le robot Cimon s’inscrit-il dans la lignée ou en rupture avec l’aventure de 1969 ?

C. B. – CIMON (pour Crew Interactive MObile CompanioN, ndlr), qui a rejoint la station spatiale internationale en juin 2018 et embarque l’intelligence augmentée de Watson, n’est pas un astronaute mais un assistant d’astronaute. Ce robot s’inscrit pleinement dans l’aventure spatiale, avec une perspective différente fondée sur l’interaction homme-machine. Le robot est éduqué et formé pour réaliser une tâche sans se substituer à l’homme. Cela montre aussi que le spatial reste un bon moyen de tester dans des conditions extrêmes les technologies dont on imagine qu’elles seront utiles dans des environnements plus classiques. Cet univers, au-delà du rêve, reste un champ d’exploration pour « stresser » les capacités de l’intelligence artificielle (IA).

 

Les équipes de chercheurs sont-elles aujourd’hui confrontées à des défis d’une ampleur comparable ?

C. B. – L’informatique quantique est une nouvelle frontière technologique, qui soulève beaucoup de défis. Dans le monde entier, des équipes mixtes et diverses travaillent sur ces questions qui touchent à l’infiniment petit, à l’invisible, et sont, par essence, difficiles à apprécier. Sans doute encore plus difficiles à concevoir que lorsque John F. Kennedy avait promis d’envoyer un homme sur la Lune – objet universel de fascination visible chaque nuit. Les équipes d’IBM ont commencé à travailler sur le quantique dès 1981 et les premiers ordinateurs quantiques existent aujourd’hui. Pourtant, quand on parle de « saut quantique », personne ne perçoit vraiment ce que cela va changer dans notre vie…
Sans aller jusque-là, au quotidien, il y a beaucoup d’autres limites, difficiles à dépasser alors même qu’elles sont faciles à comprendre ; je pense par exemple à l’expérience client. Quand on utilise des méthodes de design thinking, pour aller plus loin dans les réflexions, il est capital d’inclure des gens d’horizons différents et de décloisonner les façons de travailler.
La technologie reste critique pour réaliser bon nombre de projets, des plus ambitieux et inaccessibles aux défis de tous les jours, mais la réussite dépend d’abord d’hommes et de femmes qui parviennent à se surpasser et à trouver un supplément d’âme.

 

Les nouvelles frontières sont-elles aussi éthiques ?

C. B. – Repousser les limites n’a de sens qu’éthique. L’Intelligence Artificielle, par exemple, doit s’affranchir des biais culturels. Plus les gens qui travaillent sur les algorithmes ont des parcours et des profils différents, moins on risque d’introduire ces biais inconscients.
La place de la technologie aujourd’hui dans nos vies change la donne. Sans les bonnes clés pour comprendre comment elle fonctionne, ce qu’elle apporte, il est très facile d’être dépassé. C’est une responsabilité collective de trouver les moyens de rendre la technologie compréhensible et appropriable par le plus grand nombre. Cela pose la question de l’éducation, de la culture générale, de l’esprit critique, de l’accès à l’emploi… Par ailleurs, cela soulève de nombreuses questions : sera-t-il encore possible de créer sans technologie ? Comment feront ceux qui n’auront pas ces codes ? Pourra-t-on encore réussir en étant débrouillards ou autodidactes ? En 1969, seuls quelques-uns maîtrisaient la technologie. Aujourd’hui, cette compétence est plus diffuse…. Elle doit maintenant devenir un facteur d’intégration.
L’exposition sur la Lune est une bonne occasion de réfléchir sur la dimension éthique des technologies d’aujourd’hui et de demain.

 

Chargée de missions stratégiques Marketing et Communication

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