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« Les cas d’usage du cloud hybride sont de plus en plus nombreux »

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Recourir à une solution cloud (public, privé, dédié ou hybride) permet aux entreprises de gagner en efficacité et en agilité. Tout le patrimoine IT de l’entreprise n’ayant pas vocation à migrer sur cet univers, il est essentiel d’assurer une bonne communication entre les différentes technologies, explique Agnieszka Bruyère, vice-présidente d’IBM Cloud.

Comment évolue le marché du cloud public, privé ou dédié, et à quels besoins répondent ces différentes solutions ?

Agnieszka BruyèreLe marché mondial du cloud connaît une forte dynamique, car il permet d’optimiser les coûts et de mettre plus rapidement sur le marché des services innovants. Selon les estimations d’IBM, le cloud privé va progresser de 15 % par an entre 2018 et 2020, quand le cloud public, qui englobe le cloud dédié, va croître de 18 % par an. C’est bien supérieur à la hausse attendue sur l’IT « traditionnelle », qui sera de 9 % par an. Aujourd’hui, l’offre du marché est telle, que les entreprises de toute taille peuvent accéder à des services sur le cloud.

Les clouds publics sont très sollicités pour gérer une multitude de services et applications tels que les applications Web et e-commerce, les outils de collaboration, les médias sociaux, des services de communication pour les collaborateurs au sein d’une entreprise… Plus récemment, le cloud public est utilisé pour créer des services innovants à l’intention des clients en faisant appel à des micro-services (cloud natif) tels que la blockchain, des outils d’intelligence artificielle (IA), de datascience, d’objets connectés (IoT)… Le big data est un autre cas d’usage. Au vu des volumes de données considérables, il est pertinent d’utiliser un cloud public, notamment pour son intérêt économique (flexibilité, scalabilité, passage d’un modèle CAPEX à un modèle OPEX).

Le cloud privé, lui, réplique les méthodes et les process d’un cloud public dans le datacenter d’une entreprise ; il est donc placé sous sa responsabilité, et ce, avec un meilleur contrôle. Se doter d’un cloud privé peut résulter d’une décision stratégique liée à l’organisation de l’entreprise : des sociétés préfèrent traiter certaines données en interne ou ne souhaitent pas mettre leurs données dans un cloud public pour des questions de sécurité ou de cybersécurité ainsi que de confidentialité des données.

Pourtant, les clouds publics sont parfois plus sûrs que les clouds privés, car les solutions de sécurité utilisées sont éprouvées et mises à jour plus régulièrement.

Le cloud dédié se rapproche d’un cloud privé dans la mesure où les ressources informatiques (compute, stockage…) sont spécifiques/dédiées à un client et sont isolées (au niveau du réseau) des autres clients. Ce type de solution est utilisé, avant tout, pour des enjeux de sécurité ou pour segmenter différentes applications métiers, tout en « minimisant » les investissements CAPEX (plus de datacenter pour un client et passage d’un modèle CAPEX en OPEX : « pay as you go »).

Quels sont les avantages des clouds hybrides et pour quels enjeux sont-ils particulièrement indiqués ?

A.B.Le cloud hybride consiste à interconnecter le cloud privé d’une entreprise et un cloud public. Ce qui permet aux entreprises de bénéficier de tous les avantages du Cloud computing privé et public. En effet, cela assure d’une part de tirer parti de la sécurité et du contrôle des données qu’offre un cloud privé, tout en préservant les investissements réalisés par l’entreprise. D’autre part, de tirer parti des capacités d’un cloud public telles que la flexibilité, la scalabilité, le self-service, le mode de paiement à l’utilisation « pay as you go » et des nombreux services mentionnés précédemment (IA, datascience…) Dans certains cas, des applications n’ont pas vocation à être transformées et ne gagneraient donc pas à migrer sur le cloud public. Par contre, d’autres applications peuvent quant à elles être amenées à évoluer, par exemple celles qui concernent la gestion de la relation client, du marketing… Il est donc possible, par exemple, d’utiliser des services disponibles dans le cloud public afin de fournir des services fonctionnels additionnels aux utilisateurs.

Pour toutes ces entreprises, faire communiquer ces différents univers est un véritable challenge. La réponse est en partie technologique : il est primordial d’avoir le même socle technologie/architecture entre ces différentes typologies de cloud (privé, public…). Les applications pourront ainsi évoluer sans devoir être transformées, et pourront utiliser les ressources informatiques du cloud privé ou public selon les besoins (débordement sur le cloud public, utilisation d’applications SaaS ou de services déjà disponibles et/ou disponibles uniquement sur le cloud public). Cela permet non seulement de réduire les coûts associés à ces mouvements, mais aussi de les mener de manière plus transparente.
Même si les technologies cloud sont un élément important de transformation sur le plan business, le facteur humain reste primordial. Beaucoup d’entreprises ont gardé des organisations IT assez importantes en interne. L’enjeu consiste donc à conserver l’expertise technologique au sein de l’entreprise, tout en la faisant évoluer vers ces nouvelles solutions et vers une nouvelle manière d’opérer/gérer ces clouds hybrides, on parle de CSMO (« Cloud Service Management and Operation »).

 

De quelle manière IBM peut accompagner les entreprises dans leur stratégie multi-cloud et pour quels cas d’usage ?

A.B.Dès qu’une entreprise met des données dans le cloud, elle doit s’assurer de qui les héberge, qui les traite… IBM fournit des solutions transverses pour développer une stratégie cloud et multi-cloud dans un univers sécurisé, où les données restent la propriété de l’entreprise. IBM a lancé, il y a plusieurs mois, une nouvelle technologie ouverte (open) « IBM Multi Cloud Manager (MCM) », de gestion multi-cloud, qui permet de voir et gérer tous les clouds (privé et/ou différents clouds publics : IBM, Amazon, Red Hat et Microsoft) comme une seule architecture. Elle permet d’optimiser les performances applicatives, de contrôler les coûts, de fournir un accès rapide au cloud et de sécuriser applications, environnements et données, qu’ils se trouvent dans le centre de données de l’entreprise (sur site) ou dans le cloud public (chez différents fournisseurs publics).

Les cas d’usage sont de plus en plus nombreux. Un de nos clients, un loueur de voitures mondial, gère ses applications métiers sur les clouds Amazon et IBM de manière unifiée. Grâce à IBM Cloud Private (ICP), un éditeur de logiciels a fait basculer en toute transparence ses modules de logiciels du cloud privé vers le cloud public d’IBM. Cette ouverture a permis d’infuser l’intelligence artificielle disponible dans le cloud aux fonctionnalités de son propre logiciel.

Les plateformes de gestion des API permettent aussi d’avoir une vision de bout en bout des enjeux. Un grand industriel français a mis en place une plateforme numérique pour rendre disponibles les données émanant du système d’information de 50 pays. Cette plateforme hébergée sur le cloud se connecte aux systèmes d’information internes à travers la plateforme de gestion d’API (IBM API Connect). Les informations de tous les pays sont ainsi disponibles à l’échelle du groupe, tout en respectant les contraintes de cybersécurité.

Une banque française de détail souhaitait distribuer ses produits de crédit, d’assurance et d’assurance-vie sur d’autres plateformes du marché. Elle a mis en place une plateforme de gestion des API pour ouvrir ses systèmes d’information interne et traiter les transactions qui venaient de l’extérieur, tout en respectant les règles de sécurité et de conformité.
Une entreprise de logistique française s’est dotée d’une plateforme de gestion des API pour permettre à ses clients (B2B), essentiellement les distributeurs, de fournir les informations précises sur l’état de livraison. Cela a permis de garantir la rapidité des échanges d’informations et d’accompagner la croissance du volume de livraisons, tout en assurant la sécurité du flux d’informations.

Interview réalisée par Les Clés de Demain.

 

Bio

Agnieszka Bruyère est vice-présidente de l’entité Cloud d’IBM France depuis mai 2018. Cette entité met en œuvre la stratégie transverse multi-cloud basée sur un socle technologique commun pour l’ensemble des systèmes d’information (clouds public et privé, système d’information traditionnel). Elle avait rejoint IBM France en 2003 en tant que chargée de clientèle. Après avoir accompagné les directions de risques et les responsables de sécurité de systèmes d’information dans la définition des nouvelles stratégies de sécurité, Agnieszka Bruyère est devenue directrice des ventes Réseaux et Sécurité en 2011. Elle a ensuite lancé, en 2012, l’entité Services de Sécurité, chargée d’accompagner la transformation des entreprises dans le domaine de la cybersécurité.

 

VP IBM Cloud

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